En finir avec le fardeau de la responsabilité, ou le féminisme domestique.

Il semble que les grands esprits se rencontrent, puisque je lis à l’instant ceci alors que je ruminais un billet sur un sujet similaire. Pour ceux et celles qui ne voudraient pas tout lire, Denis Colombi y aborde ce que Jean-Claude Kauffman appelle la « stratégie du mauvais élève« , souvent mise en place par les hommes pour éviter d’accomplir certaines tâches ménagères, qui consiste à mal faire les choses pour en être dispensé. Exemple : Monsieur est sommé de passer la serpillère, mais oublie les coins des pièces et les dessous de tapis, si bien que Madame décide de ne plus le laisser toucher un balai-brosse à l’avenir, puisqu’il faudra de toute façon qu’elle repasse derrière lui pour que tout soit impeccable. Mission réussie pour Monsieur.

Cet exemple est caricatural (je connais des hommes qui passent très bien la serpillère), mais, au sein des couples, j’ai souvent constaté des cas similaires. Je pourrais citer des dizaines d’exemples, émanant de couples de toutes les générations. C., 60 ans, se tape la quasi intégralité des tâches domestiques car son mari « ne fait rien » ou « fait mal ». V., la trentaine, passe ses weekends à préparer la bouffe car son compagnon « ne sait pas faire à manger ». I., le trentaine également, s’occupe des tâches ingrates quand il s’agit de son fils (elle change les couches, prépare à manger, fait la lessive) parce que son compagnon « ne sait pas faire, et s’en occupe mal ». Le compagnon en question est présent lors des moments de jeux avec le petit, ou au moment du bain. Confortable, n’est-ce pas ?

Si les ruses masculines fonctionnent, c’est parce que les femmes acceptent de tout prendre en charge. Nous sommes conditionnées en ce sens. Denis Colombi, à la suite de commentateurs sur Twitter, affirme que les femmes ne peuvent pas se permettre d’être de « mauvaises élèves ». J’affirme le contraire : non seulement nous pouvons nous le permettre, mais en plus, il s’agit d’une étape nécessaire afin d’acquérir davantage de temps pour nous, et de nous décharger enfin de l’injonction à la responsabilité domestique que la société fait peser sur nos épaules. Car oui, on apprend très tôt aux femmes à tout gérer, à faire attention à tout, et à être responsables. Et on leur apprend surtout à culpabiliser si elles ne le sont pas.

V., qui passe ses weekends à cuisiner, affirme qu’elle est « obligée » de faire à manger, parce que sinon, son compagnon ne mangera pas (vu qu’il ne sait pas faire). En tant que femmes, elle se croit obligée de prendre en charge la cuisine, elle culpabilise à l’avance à l’idée que son cher et tendre n’ait rien à se mettre sous la dent, et de passer pour une mauvaise compagne. Mais si on retourne la situation, son compagnon culpabilise-t-il, lui, de forcer sa compagne à passer son temps libre à cuisiner pour deux ? Aucunement. Comprenez, le pauvre, il ne sait même pas où sont rangées les casseroles. J’ai omis de préciser que V. et son compagnon travaillent à plein temps tous les deux. La seule solution pour parvenir enfin à l’égalité domestique, c’est de cesser de se sentir responsable de l’autre alors qu’il peut très bien être responsable de lui-même. Faire systématiquement à manger pour un enfant, c’est normal, il ne peut pas encore se prendre en charge seul. Faire systématiquement à manger pour un adulte doté de fonctions motrices et d’un cerveau sous prétexte qu' »il ne sait pas faire », non.

Lâcher du lest n’est jamais facile pour une femme. Récemment encore, une amie me confiait que son médecin la faisait insidieusement culpabiliser de mettre son fils à la crèche au lieu de le garder à la maison, alors qu’elle a un concours à préparer qui lui demande beaucoup de temps et d’investissement. La société entière enjoint les femmes à être de bonnes mères, de bonnes épouses, de parfaites domestiques. Certains pensent que toute cela est dépassé, mais pas du tout, je l’ai constaté maintes fois. C’est peut-être moins systématique qu’il y’a quelques décennies, quand il était impensable qu’un homme fasse quoi que ce soit à la maison, mais on a encore tôt fait de souligner qu’Unetelle ne tient pas bien son ménage, ou ne repasse même pas les chemises de son compagnon, alors qu’un homme qui met les pieds sous la table n’attire jamais l’attention. Et même chez des femmes très jeunes, la tentation de prendre en charge les tâches ménagères est forte, en raison de l’habitude, de l’éducation qu’elles ont reçu, et de ce sentiment de responsabilité que toute femme connaît bien.

Le chemin vers l’égalité domestique dans un couple qui ne la pratique pas tient selon moi en trois points, pas nécessairement faciles à mettre en oeuvre pour une femme : apprendre à déléguer, refuser de tout faire et apprendre à déculpabiliser quand on a le (faux) sentiment d’être devenue égoïste.

Point n° 1, l’art de déléguer : Jamais une femme n’obtiendra l’égalité domestique si elle arrache systématiquement le balai des mains de son compagnon soi-disant incompétent. Il faut accepter que les choses soient parfois mal, moins bien ou autrement faites que si nous les avions accomplies. C. fait tout chez elles, car elles estime que son mari ne sait rien faire. Le problème étant que quand il fait montre d’une éventuelle bonne volonté, elle lui reproche de mal faire, et fait les choses à sa place. Evidemment, on se doute bien que ledit mari ne prend plus aucune initiative. Mais est-ce si grave s’il reste un peu de poussière ? Est-ce si grave si une couche n’est pas correctement attachée ? Est-ce si grave si l’on mange un plat moins élaboré ? Quand mon compagnon (qui est un mauvais exemple, vu qu’il ne m’a attendue ni pour faire le ménage, ni pour faire à manger) fait la vaisselle, chez moi, il laisse des résidus de nourriture dans l’évier, de l’eau sur le plan de travail et n’essore pas l’éponge. Honnêtement, il y quelques années, j’aurais préféré faire la vaisselle moi-même. A présent, je me contente d’essorer l’éponge et d’essuyer l’eau en lui faisant remarquer, sans reproches. Et le message passe. S’il ne passe pas, tant pis. Essorer une éponge prend moins de temps que faire une vaisselle, c’est toujours ça de gagné.

Point n°2, refuser mordicus de tout faire : Monsieur ne sait pas faire tourner une machine, ne fait pas à manger, ne fait pas la vaisselle ? Lavez-uniquement vos vêtements, faites à manger uniquement pour votre pomme, lavez uniquement votre assiette. Et obstinez-vous à fonctionner ainsi jusqu’à ce que les choses changent. Je le répète, nous n’avons PAS à être responsable d’une personne qui est capable de se prendre en charge et ne le fait pas uniquement pas confort, paresse, habitude ou mauvaise volonté. Ma mère râle après mon père depuis leur mariage (1972 tout de même) car il ne porte que des pulls en laine vierge qu’il faut laver à la main et à l’eau froide. Il ne lui est jamais venu à l’idée de le laisser se débrouiller avec ses pulls, et c’est bien désolant. Tous ses pulls sont sales, ou il les a ruinés en les mettant  la machine? Tant pis pour lui, c’est son problème, pas le vôtre.

Point n°3, déculpabiliser : Si on vous critique, laissez couler. Vous n’êtes pas sur terre pour être une esclave domestique et pour tout gérer. Vous avez le droit de vivre pour vous, d’avoir du temps libre, de ne pas être responsable de tout. D’ailleurs, vous le constaterez par vous-mêmes, vous pouvez lâcher du lest sans que le monde s’arrête de tourner. Juré. Si c’est votre compagnon qui ne parvient pas à avaler la pilule, interrogez-vous sur sa personnalité : avez-vous réellement envie de passer votre vie avec un égoïste ou un macho fini ? La déculpabilisation est un long cheminement, mais apprendre à se libérer de la culpabilité est nécessaire. Nous ne sommes pas responsables de la tenue d’une maison, comme nous ne sommes pas responsables des hommes qui nous entourent. Rien ni personne n’a le droit de nous voler notre temps et notre énergie quand ce n’est pas justifié. Nous ne sommes ni des domestiques, ni des nounous. On apprend aux femmes à culpabiliser, mais pas à vivre pour elles-mêmes. Et, parole de quelqu’un qui a fait du chemin, se défaire du fardeau de la responsabilité et de culpabilité est vraiment libérateur, et améliore réellement tous les aspects de la vie.

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25 réflexions sur “En finir avec le fardeau de la responsabilité, ou le féminisme domestique.

  1. Ness dit :

    J’ai très envie de diffuser ces conseils à certaines de mes amies (qui ont parfois invisibilisé le problème en recourant à une femme de ménage. Et, n’ayant jamais du se confronter véritablement à la question, leurs mecs se trouvent intelligents en remettant en question la pertinence du féminisme car, tout de même, ce sont toujours les hommes qui descendent les poubelles, c’est pas juste). Quand j’ai commencé une vie de couple, il était fondamental de mettre en place une répartition exactement égalitaire (encore plus qu’équitable : le diable se cache dans les détails. la plupart des tâches, si elles paraissent équivalentes en temps, ne le sont pas en ingratitude) des tâches et de ne rien ne laisser s’installer de pseudo naturel (il a plus d’affinités en cuisine tandis que moi j’aime passer le balai exactement dans tous les coins. A lui les fourneaux et à moi l’aspirateur? Combien de temps avant que je ne me sente frustrée car il met deux heures à réaliser un risotto pendant que j’ai aspiré les deux étages et 84 coins de l’appartement?). Donc j’ai mis un point d’honneur à verbaliser et exprimer le malaise, à l’analyser à haute voix dès que la répartition des tâches commençait à se déséquilibrer et mon compagnon, qui était fondamentalement d’accord avec le but à atteindre (l’égalité complète, chacun faisant un pas en dehors de l’éducation qu’il a reçue), a joué le jeu (et nous avons réussi à nous détacher du regard extérieur sur notre façon de procéder. Parce qu’il a vite fait de passer pour un mâle dominé et moi pour une féministe maniaque et hystérique). Je n’ose pas dire le nombre d’engueulades et d’ajustements avant d’arriver à un rythme de croisière. Presque 9 ans de vie commune, et ça fait environ 2/3 ans que ça marche de façon fluide. Et nous n’avons pas encore d’enfants… Et que malgré ça, il reste une zone grise indéboulonnable qui me pèse, due à la responsabilisation féminine précoce qui est dénoncée dans cet article tant qu’à mon tempérament : l’organisation des tâches domestiques, la vision à long terme, l’échéancier du passage de serpillière, cette petite machine qui ne tourne que dans ma tête et pas dans la sienne où alors au ralenti.
    Ce long témoignage (;)) pour dire que ça peut prendre beaucoup de temps, mais que c’est de liberté dont on parle, bien plus que de propreté immaculée (qui semble être encore et toujours le seul but à atteindre quand on regarde les publicités pour les produits ménagers).

    • La Chatte dit :

      J’en aurais long à dire sur le recours aux femmes de ménage, tiens… Ce sera pour une autre fois. Merci beaucoup de ton témoignage, qui illustre la difficulté que nous avons à nous déconditionner. Tout à fait d’accord avec toi concernant l’inégalité de tâches a priori équivalentes en temps.
      Je ne vis pas (encore?) avec mon compagnon et j’essaie de déjà mettre un point d’honneur à ce que l’égalité soit de mise entre nous – pas uniquement au niveau des tâches ménagères d’ailleurs. Je veille à tout. C’est long, mais ça en vaut le coup. Comme tu dis, c’est notre liberté qui est en jeu, peu importe les grains de poussière et les engueulades.
      Compliment d’une consoeur féministe hystérique pour ta persévérance, en tout cas. On y arrivera !

  2. Ness dit :

    Merci 🙂 La persévérance est plus facile quand on est deux personnes consciente et de bonne volonté, pour tout dire. Je suis pour l’article sur le recours aux femmes de ménage ! j’ai jamais pris le temps d’écrire un truc mais j’ai plein de choses à dire sur le sujet. Vu ta façon d’aborder les choses, j’ai l’impression que bon nombre se retrouveront couchées sur écran! Des bises

  3. BUCHY dit :

    Ho ho ho, hi hi hi, mais rassurez-moi, c’est une blague ce blog ! Quelle caricature ! Vous êtes drôlement torturées de l’esprit ! Ce qui me rassure quand même c’est de penser que vos enfants (filles et garçons) seront également et parfaitement éduqués.
    On en reparle dans 20 ans ????

    • La Chatte dit :

      Tout à fait. D’ailleurs, j’ai inventé le sexisme et le fait que les tâches ménagères incombent encore, pour la grande majorité d’entre elles, aux femmes. Voyez à quel point je suis torturée. C’est désopilant, ho ho ho hi hi hi, je vous le concède.

  4. Tilleul dit :

    Tout un programme en effet que la répartition des tâches ancillaires entre conjoints, répartition très inégale dans une grande partie des ménages.

    A noter que pas mal de tâches sont culturellement « genrée » dans un sens ou dans l’autre,comme pour le bricolage, considéré dans les couples non déconstruits comme une compétence mâle.

    (Mais il va de soit que dans ce type de couple, la répartition est largement au détriment de la femme)

  5. a-yin dit :

    Merci pour cet article La Chatte 🙂 . Je n’ai jamais eu l’occasion de te le dire mais j’aime beaucoup te lire.

    @Ness: Beau témoignage et vraiment +1 avec la vision à long terme, ou même le mot échéancier tout court! L’impression que ce sont souvent les femmes qui doivent « planifier » en fait, mais ce n’est peut-être qu’une impression (?), alors qu’il ne faut pas « se prendre la tête » et « vivre au jour le jour ». Il faudrait voir si ce comportement est ou non genré aussi.

    Le coup de la femme de ménage, je l’ai déjà entendu de la part d’un de mes copains aussi. J’exprimais aussi le sexisme quant aux tâches ménagères au sein d’un couple et lui m’a sorti qu’il était inutile de se prendre la tête plus tard ainsi: on prendra une femme de ménage. Je ne sais vraiment que répondre à cela mais son père a procédé ainsi…

  6. b4ptiste dit :

    Et je rajouterai aussi l’enseignement, et ce qui en découle l’encouragement. S’il fait mal, ou pense faire mal, cela peut aussi être de bonne foi et parce qu’on le lui a jamais appris.

  7. Magali dit :

    Un homme celibataire qui vit seul consacre beaucoup moins de temps aux taches menagere qu’une femme celibataire qui vit seule. Faut croire qu’on est plus a cheval sur l’ordre et la proprete…

    Que de haine dans ce blog! Des qu’un commentateur gratte un peu trop, tout en restant poli et dans l’argumentation, on le bannit. C’est beau ca la chatte, une telle ouverture d’esprit…

    Je suis un peu desolee pour vous que vous vous sentiez victimes, oppressees, detestees, humiliees, ca doit etre triste de vivre avec ce sentiment de persecution. Bon courage, l’ennemi est partout, votre pere, votre frere, votre amoureux, votre fils, votre ami, votre collegue, brrr!

    Magali, femme mais surtout pas feministe (et non c’est non!) pour l’egalite des droits qui ne passe pas necessairement par la haine de l’autre et de soi, je me demande ce qui est le pire des deux d’ailleurs.

      • Magali dit :

        Pardon, je rectifie
        Féminisme = haine des femmes et des hommes qui ne sont pas féministes…

    • La Chatte dit :

      Magali, mon ouverture d’esprit se porte bien, merci, quant à la votre, je n’en dirais pas autant. Vous me fatiguez et vous fatigueriez n’importe quelle féministe. Vos arguments (qui n’en sont pas) sont entendus mille fois, vous pensez faire preuve d’intelligence et avoir inventé le fil à couper le beurre quand vous ne faite que propager des clichés sans réfléchir.
      Allez lire les penseurs/penseuses féministes comme Christine Delphy, Leo Tiers Vidal, Johns Stoltenberg, Beauvoir, Andrea Dworkin et tous les autres, au lieu de réduire un mouvement qui a profondément pensé les inégalités et nos constructions sociales dans leur ensemble à des on-dit et des ramassis d’inepties, parce que visiblement, vous n’y connaissez rien et vous permettez de venir nous apprendre ce qu’est le féminisme. Le féminisme comme haine de l’autre, quelle aberration… renseignez-vous avant de dire n’importe quoi.
      Quant à la haine de soi commune à de nombreuses femmes, d’où vient-elle, selon vous ? (Allez, je vous laisse y réfléchir – pas de raison que vous soyez la seule à verser dans la condescendance ici, n’est-ce pas).

      • Magali dit :

        Vos arguments, qui n’en sont pas sont entendus mille fois, et vous me fatiguez… je pourrais vous dire la même chose! J’essaye de vous expliquer pourquoi je ne suis pas féministe. Je dis que je vous trouve agressives, et vous le prouvez sans attendre. En fait vous vous sentez agressées tout le temps. Par les hommes, mais aussi par les femmes. Pour la solidarité féminine, on repassera. C’est bien cela qui me rebute le plus chez vous.

        Seules les féministes sauraient réfléchir et sortir des clichés? Comme c’est pratique… Quand je dis « vous » je n’ai pas le droit de généraliser, il y a DES féministes, mais tout le reste, hop dans le même panier, ceux qui n’ont rien, mais rien compris, trop con.ne.s pour être féministes. Le monde est divisé entre le camp du bien, les féministes, et le camp du mal, ceux qui ne sont pas féministes. Bonjour le totalitarisme! Cela aussi cela qui me gène profondément.

        J’ai lu la moitié de vos idéologues féministes, je ne m’y suis jamais retrouvée. Pouvez-vous imaginer une seule seconde qu’on puisse ne pas adhérer à cette vision politique du monde sans être aliénée, illettrée ou inculte? Avez-vous lu des livres qui critiquent le féminisme?

        Je n’ai pas la haine de moi, j’aime follement être une femme et être une mère, j’aime les hommes, pas tels que vous voulez les transformer, mais tels qu’ils sont. Nan ils sont pas comme nous, et tant mieux! Ils passent pas l’aspirateur dans les coins, c’est agaçant mais nous ne sommes pas parfaites non plus, nous aussi on les agace par plein d’autres aspects. Ça vous n’en parlez jamais, un peu d’autocritique, ça serait bien aussi non?

        Il faut que les femmes d’aujourd’hui se libèrent de l’oppression du féminisme, qui veulent imposer ses vues à tous et même à toutes! Un comble pour un mouvement politique qui prétend libérer les femmes et leur redonner leur libre-arbitre!

        Donc je ne suis pas féministe, arrêtez de me traiter d’idiote, ça serait déjà un bon début.

    • Drärk dit :

      Mais enfin La Chatte, on te l’a pourtant déjà dit, le sexisme, c’est dans la tête ! Et le viol ça n’existe pas ! Nan le viol, dont Magali ne parle même pas, ce crime encouragé par notre société, c’est dans ta tête. Et dans la mienne, tous ceux que j’ai subi quand j’étais en relation, je les ai forcément mérités, ah, ah, ah, comment je me marre quoi.

      Et sinon un homme féministe, c’est quoi, Magali ? Un faible qui se hait par deux fois ? Mon copain soutien mes réflexions féministes, Le pauvre, il doit être malheureux comme les pierres.

      Quand on a vécu des violences misogynes (juste parce qu’on est une femme), on ne se sent pas persécutée, on sait que n’importe quel homme peut s’en prendre à nous, gratuitement, pour le plaisir de se sentir supérieur, pour le plaisir tordu de posséder un être humain contre son gré. Mais ouais, t’as trop raison en fait, c’est triste de vivre avec un tel sentiment de… réalité.

      Si dans ton monde, tout va bien, bah tant mieux pour toi, mais c’est pas une raison pour nous mettre dans ton panier.

      Fermer les yeux ou nier la réalité des autres : Je me demande ce qui est le pire des deux d’ailleurs.

      • Magali dit :

        Est-ce que que depuis que le féminisme existe on constate une diminution des viols? A-t-on besoin d’être féministe pour condamner la violence?

        Vous est-il possible de chercher des solutions aux problèmes réels ailleurs que dans la croyance en un patriarcat? Du côté psychologique, culturel, religieux par exemple? « Biologique », de nos anciens instincts, pourquoi pas, même si ce terme est un gros mot pour vous souvent. Du côté de la sanction aussi, parce que je n’excuse rien.

        Bref, les féministes ne détiennent pas forcément les bonnes clés contre cette abomination qu’est le viol. C’est mon avis en tout cas.

      • b4ptiste dit :

        Je pense que oui depuis que le féministe existe il y aura surement eu une diminution des viols, même s’il est vraiment difficile de faire des statistiques. Comme tu le dis, les raisons biologiques ont imposé un rapport de puissance entre l’homme et la femme jusqu’à maintenant, et la notion de féminisme n’est encore assez jeune comparé à l’histoire de l’humanité. Donc en luttant pour le féminisme (par forcément celui de chienne de garde, que tu sembles détester), on favorise la prise de conscience et le dialogue, ce qui aboutie a une diminution des viols, ou au moins des violences.

    • Magali dit :

      @b4ptiste

      Merci! Vous êtes la première personne qui s’adresse à moi comme à une personne raisonnable et respectable dans ses idées, même si vous n’êtes pas d’accord!
      La prise de conscience peut se faire sans diabolisation systématique des hommes, c’est ce que je pense.

      Comment je suis venue à remettre en cause le féminisme.Tous les féminisme, même l’essentialisme qui se rapproche le plus de ma sensibilité. Voyons.
      Déjà quand j’ai choisi d’être femme au foyer, j’ai senti que ce choix dérangeait un mouvement qui s’était battu pour sortir la femme du foyer. Certaines féministes consentent à dire que « si c’est mon choix », « tant mieux pour moi » (tant mieux pour moi?), mais je sens bien que ce choix gratte quelque part. Quand je suis devenue mère, j’ai beaucoup lu sur la maternité, et j’ai bien vu là encore que mon ressenti sur ce thème était bien éloigné des idées féministes. Je crois que les féministes n’ont pas suffisamment pris en compte cet aspect des femmes, essentiel pour la grande majorité, même si ce n’est pas une obligation évidemment. Les féministes seraient drôlement emmerdées si les femmes se mettaient à oser dire en nombre « je veux passer plus de temps avec mes enfants », non?

      Et puis une fois, par esprit de contradiction, je n’y avais même pas vraiment réfléchi, j’ai dit « je ne suis pas féministe » et là, je suis tombée de haut, les mêmes réactions qu’ici :
      – tu ne connais rien au féminisme, aux féminismes, tu ne t’es pas informée toi… Faut lire un peu, t’instruire.
      – tu es égoïste, tu ne penses qu’à toi qui ne souffres pas du patriarcat, tu te fiches de celles qui en meurent. Sans coeur va!
      – tu ne dois pas être très intelligente pour ne pas voir l’évidence de la justesse de notre combat
      – alors tu es contre les femmes et l’égalité des droits (?)
      – si tu n’es pas avec nous tu es contre nous
      – tu es aliénée, tu ne vois même pas tes chaînes (on en revient à « pas très fut’ fut’), seules les féministes voient le monde tel qu’il est (?)

      Et je ne l’ai pas eu ici, mais ça allait venir sans doute, le nec plus ultra :

      – Tu es féministe sans le savoir!
      – variante : tu es une femme tu es donc féministe, c’est comme ça! (et mon libre arbitre, celui pour lequel vous dites vous battre, il est où là?)

      Enfin si quelques rares féministes ont parlé avec chaleur de la maternité, aucune n’a été contre l’avortement. Pour un mouvement qui veut défendre toutes les femmes, sans critère de religion, de race… voilà qu’il en exclut des milliers et des milliers, qui ont des convictions, sensibilités ou croyances différentes.

      Voilà pourquoi le féminisme pour moi est une forme de totalitarisme, je suis désolée…

      (en plus dernièrement un grand mythe est tombé pour moi : la différence de salaire homme-femme, le plafond de verre, j’avais accepté cela comme argent comptant depuis des années comme une grande injustice, et c’était des mensonges, je suis écœurée! Quand une cause est juste, on n’a pas besoin de mensonges)
      Cyrille Godonou Statisticien INSEE
      http://cyrille.godonou.free.fr/Questions%20sociales/Le%20mythe%20de%20l%20ecart%20salarial%20%C3%A0%20travail%20egal.htm

      • Drärk dit :

        « Pardon, je rectifie
        Féminisme = haine des femmes et des hommes qui ne sont pas féministes… »
        > Comment voulez-vous qu’on vous réponde calmement quand vous balancez de telles généralités sur le compte de toutes les féministes ?

        De toute façon, c’est souvent pareil, quand on répond calmement, on nous prend pour des moins que rien et quand on répond franchement ou avec humeur, on est méchantes. Bref, rien de nouveau…

        Les féministes ne diabolisent pas systématiquement les hommes, sinon il n’y aurait aucune féministe hétéro et/ou en couple. J’ai des amies féministes, elles ont des enfants, j’en connais une qui est mère au foyer, ça va je m’entends vraiment bien avec elle. Les féministes ont compris l’aspect de la maternité chez les femmes, depuis plus d’un siècle même, ça ne date pas d’hier.

        D’ailleurs, je ne comprends pas la phrase suivante : « aucune n’a été contre l’avortement. ». Qu’entendez-vous par là ? Pourquoi devrions-nous être contre l’avortement ? Les femmes avortaient déjà avant la loi Veil, sauf qu’elles pouvaient en mourir, et aller en prison. Si l’IVG était de nouveau interdite, ça ne m’empêcherait pas d’avorter si j’en ressens la nécessité. Même chez les animaux il y a des avortements, alors pourquoi pas chez les humaines ? C’est quoi une fausse-couche ? Hé bien cela peut être un avortement spontané, voulu par le corps, quand l’embryon ou le fœtus n’est pas/plus viable, si cela met la santé de la mère en danger.

        « Vous est-il possible de chercher des solutions aux problèmes réels ailleurs que dans la croyance en un patriarcat? Du côté psychologique, culturel, religieux par exemple?  »
        C’est là que je vois qu’en effet, vous présentez des lacunes, le patriarcat n’est pas un mythe, une invention pour pousser les femmes à haïr les hommes (les femmes ne tuent pas les hommes en raison de leur sexe, en revanche l’inverse se produit tous les jours). Vous dites que nous devrions chercher du côté culturel ? Mais que croyez-vous que nous faisons ? Nous sommes dans le culturel, et la religion est culturelle, ainsi que la psychologie. En fait, vous nous demandez de faire ce que nous faisons déjà.

      • La Chatte dit :

        Etre contre l’avortement ? Sérieusement ? Pourquoi devrions-nous être « contre » l’avortement si une femme veut avorter ? Vous délirez ! Si une femme souhaite avorter, qu’elle avorte, si elle ne le souhaite pas, qu’elle n’avorte pas ! Etre « contre », c’est refuser le choix aux femmes. Etre pour, c’est laisser à toute les femmes le droit de choisir. Ça ne me semble pas difficile à comprendre tout de même ! Si vos convictions vous poussent à ne pas avorter, n’avortez pas, mais n’allez pas interdire aux autres de le faire. Etre pour l’avortement n’a jamais forcé aucune femme à avorter, que je sache. Et ce qui se passe dans l’utérus de mes voisines ne concerne qu’elles. C’est justement quand on restreint les droits et libertés des femmes sous prétexte de croyances qu’on est « contre »elles. Quand on propose un choix, chacune fait ce qu’elle veut.
        Quant au plafond de verre, il existe bel et bien, même si les statistiques sont parfois présentées dans les media de façon erronées. Les femmes n’occupent pas les postes à plus hautes responsabilités, et il arrive fréquemment que dans les entreprises privées, à poste égal, les femmes soient moins payées que leurs homologues masculins.
        Dernier point, le féminisme ne diabolise pas les hommes. La haine et l’agressivité, ce n’est pas nous qui la distillons ; nous, nous cherchons des solutions.

    • La Chatte dit :

      Magali, une violence et une violence sexospécifique, ça n’est pas la même chose, voyez vous. Si je mets une baffe à un passant que je croise, au hasard, c’est une violence, point barre. Si je mets une baffe à un noir sous prétexte qu’il est noir, c’est une violence raciste. Si je mets une baffe à un homosexuel sous prétexte qu’il est homosexuel, c’est une violence homophobe. Si je mets une baffe à une femme sous prétexte qu’elle est une femme, c’est une violence sexiste. Mettre toutes les violences, qui ont des causes différents, dans le même panier, c’est dépolitiser ces mêmes violences. Et, que vous le vouliez ou non, dans nos sociétés, les femmes subissent certaines violences ou injustice pour une seule raison : elles sont des femmes. Et que vous le vouliez ou non, ces violences et ces injustices sont perpétrées très souvent par des hommes, véhiculées par tout le monde (hommes et femmes) et socialement validées. Alors, que vous le vouliez ou non, nous avons besoin du féminisme pour identifier et lutter contre les violences/injustices que subissent les femmes, de la même façon que nous avons besoin de mouvements de lutte contre le racisme pour lutter contre les violences racistes. Il ne me semble pas que ça soit difficile à comprendre ou concevoir.

  8. Aëlloon dit :

    Ma petite Magali,
    cesses de te rouler dans le caniveau de la sorte, tu perds ton temps.

    Par ailleurs, nous sommes vraiment désolées pour toi:
    rien n’est plus triste qu’une esclave qui revendique ses chaînes.

    Peut-être qu’un peu de tourisme à Dubaï ou en Arabie Saoudite te changerait les idées: noyer les femmes dans les piscines y est un loisir ordinaire, je suis sûre que tu pourras t’y épanouir et vivre pleinement ton idéal d’asservissement.

    P.S.: Fais quelque chose pour les accents, apprends à écrire.

  9. Magali dit :

    Ma toute petite Aëloon,

    Pourquoi tenter de me rabaisser? Tu insultes habituellement toutes les personnes qui ne pensent pas comme toi et qui osent te contredire? Quelle ouverture! Garde tes histoires de caniveau pour toi si ça t’intéresse.

    Le racisme social avec ton « apprends à écrire »? Donc si je n’avais pas un bon niveau d’orthographe, si je n’avais pas fait d’études, je serais indigne d’exprimer des opinons? Ouah, énorme comme discrimination, on fait fort ici, c’est vraiment odieux! Et tout petit.

    Ce n’est pas parce qu’il existe des ordures dans certains pays musulmans, que je vais voir une ordure à chaque fois que je croise un homme. Je ne généralise pas, je vais donc essayer de croire qu’on peut échanger avec des féministes sans se faire insulter.

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