Have you met… La Chatte?

capture-d_c3a9cran-2012-08-05-c3a0-16-30-59Aujourd’hui, je vous propose une présentation de cet espace et de moi-même : mon amie Sophia du blog 30 ans une vie nouvelle a tenu à m’interviewer pour le lancement de mon nouveau blog !
1. Est-ce que « La Chatte » une référence au très célèbre film  » La chatte sur un toit brûlant » avec Elizabeth Taylor?
J’ai en effet pensé au livre La Chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams (moins à Elizabeth Taylor, j’avoue) quand j’ai choisi le nom du blog (j’y fais une référence détournée dans mon à propos, d’ailleurs). Mais si j’ai choisi d’intituler cet espace « Le blog de la Chatte », c’est avant tout par envie de gentille provocation, en raison de l’équivoque du terme. Je me suis dit que pour un blog écrit par une femme, qui parle en plus pas mal de féminisme, c’était à la fois amusant et irrévérencieux.
 
2. Est-ce que tu pourrais nous présenter ton blog en quelques lignes? Ton tout premier article parle de féminisme, est-ce qu’il va donner le ton au reste de tes écrits?
Mes premiers articles parlent en effet de féminisme, car c’est un domaine qui m’intéresse énormément. D’une part je me sens concernée, car au quotidien, le sexisme ordinaire me fait bondir. Pour autant, je ne compte pas parler uniquement de féminisme, il s’agira plutôt d’un blog d’humeurs et de sujets de société, ou culturels. Bon, pour tout avouer, je n’ai pas encore vraiment décidé de la ligne directrice, j’imagine que ce sera un savant mélange de chroniques personnelles, d’actualité,  de coups de coeurs, de culture. Un salad bowl, plein de choses différentes. La diversité, c’est bon pour la santé. Et puis je n’ai pas envie d’être catégorisée : si j’écris quarante billets féministes et qu’à un moment j’en fais un sur ma nouvelle paire de chaussures ou ma passion pour les beignets de courgette, on va penser que ce n’est pas cohérent. Je veux pouvoir parler de tout sans qu’on se dise « mais qu’est-ce qui lui prend de nous pondre un article comme ça? ».
 
3. Pourrais-tu nous expliquer la raison de ce blog? Qu’est-ce qui t’a donné envie d’écrire?
Je blogue depuis longtemps, et un jour j’ai eu envie d’un nouvel espace, avec un ton différent. L’idée de ce blog-ci et de son premier article est venu d’ une pulsion militante. J’ai la nette impression que les droits des femmes sont en train de reculer, pas au niveau législatif, mais dans la sphère publique, dans les mentalités. J’ai souvent constaté, autour de moi, que certaines filles très jeunes n’interrogent pas le monde qui les entoure, ne remettent pas en cause les préjugés. Elles sont à la fois ignorantes de l’histoire des droits des femmes et n’ont pas les yeux ouverts sur le monde actuel. J’entends par là qu’évidemment, elles vivent dans ce monde, mais elles n’en sont pas actrices; les modalités sociales qu’elles expérimentent au quotidien leur semblent normales, jamais elles ne penseraient à les remettre en cause. Je vais te raconter une anecdote que j’ai vécue cette année, dans un établissement scolaire : les jeunes avaient disposé dans les couloirs des affiches pour une soirée d’intégration intitulée « Soirée macs et putes de l’Est », à laquelle il fallait que les filles viennent habillées comme des prostituées. Aucune gamine n’a songé à protester. C’est une enseignante âgée d’un soixantaine d’années qui a arraché les affiches et fait un scandale, arguant qu’elle s’était personnellement battue pour l’amélioration de la condition féminine et qu’elle ne pouvait pas laisser passer ça. Elle disait aux filles « Mais vous vous rendez-compte, non mais vous vous rendez compte? » et non, elles ne se rendaient pas du tout compte. Elles ne se sont pas offusquées de devoir se vêtir comme pour faire le trottoir, d’être reléguées, même « pour de faux » au rang d’objets sexuels. Elles n’étaient pas non plus choquées d’une soirée ayant pour thème la prostitution des filles de l’Est, comme s’il s’agissait d’un phénomène social normal dont on pouvait s’amuser. Alors certes, je généralise, toutes les jeunes filles ne sont pas aussi amorphes. D’ailleurs, la résurgence des mouvements féministes le prouve. Même si le féminisme n’est pas un mode de pensée unique, si nous ne sommes pas toutes d’accord les unes avec les autres, s’il y a des points de divergence, je suis heureuse que les femmes redécouvrent le militantisme. Car pour moi, si renouveau il y a, cela prouve bien qu’il y a des combats à mener. C’est bien de s’en apercevoir et c’est encore mieux de se jeter dans la bataille. Ce qui est primordial pour moi, chez l’être humain, c’est qu’il ait la conscience en éveil ainsi que l’esprit critique.
 
4. Quels sont tes sujets de prédilection ? Les choses qui t’inspirent le plus pour écrire ?
Tout m’inspire, même si tu auras compris qu’en ce moment ce sont plutôt les sujets de société. C’est vrai que pour l’instant j’ai plus envie de parler du débat sur l’abolition de la prostitution (j’en parlerai d’ailleurs) que du dernier film que j’ai vu ou d’une situation cocasse que j’ai vécue, mais ça peut changer. Mes sujets de prédilection, ce sont tout simplement ceux dont j’ai envie de parler, ce ne sont pas toujours les mêmes.
 
5. Est-ce qu’il y a des blogs que tu lis quotidiennement? Quel est ton favori?
Je lis des tas de blogs, j’adore ça. J’ai appris des tas de trucs sur les blogs, sur tout et n’importe quoi, d’ailleurs. Les liens dans ma blogroll (qui est encore en construction) sont loin d’être exhaustifs, j’en lis des dizaines, de tout style : des blogs d’humeurs, des chroniques, des blogs beauté, des blogs écolo, des blogs de société, des blogs mode, des blogs de cuisine, des blogs de coiffure, des blogs BD, des blogs photo, des blogs de couture ou de création, des blogs rétro. Certains au quotidien, d’autres ponctuellement, à la faveur d’une découverte. Je n’ai pas réellement de favoris, vu que tout m’intéresse. Les blogs sont des plateformes d’échange incroyables.
 
6. Pourquoi as-tu décidé de rester anonyme?
Tout simplement pour préserver mon intimité. Je blogue depuis 2005. Depuis cette date, j’ai eu 4 ou 5 blogs différents. Avant celui-ci, j’en avais un qui connaissait pas mal de succès. J’y racontais beaucoup ma vie, des choses très personnelles, sans pour autant donner énormément de détails sur mon identité, mais certaines personnes, en croisant les informations, ont découvert qui j’étais. Je ne veux plus mélanger mon blog à ma vie privée (d’ailleurs je ne veux plus y parler de ma vie privée), je ne veux pas qu’il soit confondu avec ma personne. Dès qu’on ouvre un blog, on s’expose aux critiques : elles ne me gênent pas, mais je veux que ces critiques soient à l’encontre de la blogueuse, de l’image que je donne à voir sur le web, et pas de celle que je suis en privée. Evidemment, certaines personnes de l’ancien blog me suivent toujours, certaines d’entre elles savent qui je suis, mais je sais que je peux leur faire confiance.
 
7. Est-ce que tu peux nous dire quelque chose de très personnel sans nous dévoiler ton identité? 
« Très personnel », c’est à dire? La couleur de ma culotte (orange), le nom de mon amoureux (joker), la marque des croquettes que je donne à mon chat (Purina®), ce que je fais dans la vie (pour l’instant un job plutôt alimentaire mais peinard, un peu d’enseignement à l’université aussi, pour pouvoir mener à bien mes recherches à côté)?
 
8. Une petite dernière pour la route, qu’est-ce que tu penses d’une nana qui écrit un blog sur sa grossesse et son expérience de maman? Est-ce que ça fait pas un peu cruche, gnangnan, fleur bleue, poney et arc-en-ciel?
La question n’est pas de quoi on parle, mais la façon dont on en parle. Si tu écrivais des articles avec des gifs poneys animés, des coeurs et des étoiles au-dessus d’une phrase comme « mon bébé d’amour je t’aime déjà tu es une fée dans mon ventre rond », oui, ce serait un peu cruche. Mais la grossesse est une expérience importante, si tu as envie d’en parler et de partager ton expérience avec d’autres, il faut le faire. Moi qui n’ai pas d’enfant (ah, voilà une autre réponse à la question ci-dessus : je n’ai pas d’enfant), j’aime bien ton blog, parce qu’il est sincère, touchant et drôle. Et j’y apprends des choses.
 
Merci ma belle!!!
Sophia

Le harcèlement de rue.

Le video de Sofie Peeters circule sur tout le web : étudiante en cinéma, la jeune femme a décidé de consacrer des travaux de fin d’étude au sexisme qui sévit dans la rue. Depuis son arrivée à Bruxelles et son installation dans un quartier défavorisé de la capital belge, elle n’a en effet cessé de se faire aborder, harceler, insulter dans la rue. Son travail a été présenté au Journal Télévisé belge et la machine s’est emballée. On en parle partout, sa video Femme de la rue sera projetée dans plusieurs festivals cet été, la Belgique s’est même émue du « recul des droits des femmes » et semble vouloir prendre le problème à bras le corps en instaurant une amende pour injure sexiste (on se demande bien comment la loi va pouvoir être appliquée, mais enfin…). Le phénomène a bien sûr atteint la France, et depuis quelques jours, le harcèlement de rue fait les choux gras des magazines féminins. Glamour sortait vendredi dernier un article « Le harcèlement de rue : et vous, ça vous arrive?« , témoignages de femmes à l’appui.

Si d’un côté je suis assez contente qu’on en parle, les bras m’en tombent quand je vois tous les journalistes ou hommes politiques s’étonner de la chose, être outrés et décréter qu’il faut que ça change, comme s’il s’agissait d’un phénomène nouveau. Vous vous rendez compte, les femmes se font harceler dans la rue? Tu parles d’une nouvelle ! Je me suis rendue à Bruxelles pour un colloque il y a quelques années, j’ai traversé ledit quartier défavorisé montré dans la vidéo, et j’ai effectivement pu me rendre compte que la Belgique concurrençait presque la France à ce niveau-là. Mais soyons clairs, depuis que je suis ado, je me fait emmerder dans la rue, on me jette en pleine face, ou plus insidieusement, une fois que je suis passée, des propos sexistes, sexuels, insultants. Je vis ce que vit n’importe quelle femme, qu’elle soit jeune, un peu moins jeune, belle, moins gâtée, en jupe courte ou en jogging, qu’elle réside en France ou en Belgique (je ne me prononcerai pas sur les autres pays européens, ne m’y étant jamais rendue seule et ne pouvant donc juger ce qu’il en est ailleurs), quartier défavorisé ou pas, d’ailleurs.

Si les femmes de la génération précédent la mienne (j’ai trente ans) semblent attester que pendant les années soixante-dix, elles se faisaient siffler dans la rue mais trouvait cela plutôt amusant car ça ne débordait pas souvent, de nos jours se faire prendre pour un bout de viande dans l’espace public est devenu monnaie courante. Je ne connais pas une seule femme à qui ce n’est pas arrivé. Je peux même vous dresser un palmarès des meilleurs phrases entendues par mes amies ou moi : un « Tu me suces? » au distributeur de billets, un « J’ai envie de te lécher la chatte » au beau milieu d’une place très fréquentée », un « huuum, belle poitrine! » sur un boulevard, des « salopes » ou « sale chienne » par centaines au feu rouge quand on se fait interpeller par des mecs en voiture et qu’on ne daigne pas répondre à leurs interpellations brutales et graveleuses, des propositions insistantes qu’on doit refuser fermement pendant cinq bonnes minutes avant qu’on nous lâche enfin la grappe. Et je ne compte par les regards muets et salaces, de ceux qui vous jaugent comme une marchandise, qu’on peut rencontrer un peu partout et tout le temps. Le harcèlement de rue, ce n’est pas franchement pas nouveau, et il serait peut-être temps, en effet, de s’y intéresser en tant que phénomène social d’envergure, parce que sincèrement, l’inconfort qu’il génère, la peur parfois, il y en a plus que marre.

Le reportage de Sofie Peeters est sur Youtube (voici la première partie ici), n’hésitez pas à le regarder. La réalisatrice, ayant constaté que les agressions dont les femmes étaient victime étaient très souvent le fait d’hommes d’origine étrangère, s’interroge (et en interroge certains) sur le pourquoi du comment, et souligne également le machisme qui sévit dans notre société occidentale où les femmes sont soi-disant les égales des hommes.

Histoire de rire un peu (ou pas), je vous laisse avec cette video d’ Osez le féminisme qui met bien en scène la bêtise crasse des « relous » qui nous hèlent dans la rue. Cependant, je trouve qu’elles y sont allées mollo, car la scène ne dit pas la violence des propos et les insultes. Nous savons toute que la réalité est parfois bien pire que ça : VieDeMeuf : Les Relous par osezlefeminisme

Senteurs genrées.

Les odeurs et moi, c’est toute une histoire. J’y suis ultra sensible. Pas seulement aux parfums, mais aussi aux odeurs corporelles. Aimer ou pas une odeur, c’est une question de souvenir olfactif, d’alchimie, de chimie. L’odeur de quelqu’un peut nous envoûter ou nous faire fuir. Je me souviens qu’un copain m’a dit un jour qu’il avait quitté une fille au bout d’une semaine (en invoquant un autre prétexte pour ne pas la blesser) car il ne supportait pas son odeur. Elle ne sentait pas mauvais, non, mais quelque chose le rebutait. Je me suis déjà vue totalement sous l’emprise d’un joli Monsieur dont l’odeur me comblait totalement, et j’ai même le souvenir, d’ailleurs, d’avoir trouvé un moment sensuel beaucoup moins intéressant après un passage commun sous la douche. Cela m’a toujours fait penser à une nouvelle érotique d’Anaïs Nin publiée dans le recueil Vénus Erotica, dans laquelle une femme retrouve tous les soirs son amant. Un jour, alors qu’ils se retrouvent comme à l’accoutumée, elle ne ressent aucun désir, n’en comprend pas tout de suite la raison, puis s’aperçoit que c’était le puissant parfum de cet homme qui était le moteur de son attirance sexuelle pour lui. Totalement refroidie, elle s’en va et ne revient pas.  

La preuve par le coquelicot

Tant qu’on y est, petit message à ma voisine Nadia, pourrais-tu s’il te plaît arrêter de t’asperger de cette eau de toilette écoeurante affreusement sucrée qui laisse son sillage dans la cage d’escalier environ une heure après ton passage. Merci pour mon nez. Et si un jour tu comptes assassiner quelqu’un, évite de te parfumer avant, tu serais grillée à 10km à la ronde. 

Bref, toute cette digression pour dire que chez moi, on ne déconne pas avec les odeurs et les fragrance, et que la recherche d’un parfum ou d’une eau de toilette, c’est une question sérieuse. Et figurez-vous que le fait que nous, les femmes, puissions porter un parfum d’homme fut l’une des plus hallucinantes et délicieuses découvertes de mon existence (certains ont découvert l’Amérique, on fait ce qu’on peut). Parce qu’on critique le marketing genré, les kits de ménage roses à paillette pour les petites filles et les figurines de superhéros virils pour les garçons, mais combien d’entre nous ont déjà pensé à aller chercher leur bonheur olfactif au rayon homme ? Toute fille hétérosexuelle a déjà piqué le déo de son copain (surtout parce que ledit déo rappelle l’odeur du copain, évidemment), mais il me semble que spontanément, s’agissant des parfums, on se dirige toujours vers le rayon femme. J’ai retrouvé il y a quelques jours, en faisant du rangement dans ma salle de de bain, un mini vaporisateur d’Allure pour homme de Chanel et un échantillon de l’Homme d’YSL qui trainaient au fond d’une trousse, vestiges d’un temps où j’achetais des produits en parfumerie. J’ai testé les deux et pour tout vous dire, je me suis trouvée absolument irrésistible nimbée de senteurs pseudo masculines. J’ai complètement craqué, je m’aimais moi-même (les parfums sont-ils faits pour pécho?).

L’homme et la mer, toute une histoire.

C’est vrai, dans le fond, qui a décrété que les fifilles devaient être à la fleur et les garçon à la mousse des bois et aux embruns, qu’un parfum pouvait être unisexe (tel le célèbre CK One) et un autre réservé à un sexe en particulier? J’avais un oncle qui se parfumait à la vanille, d’ailleurs, un ex qui portait du patchouli (qui à mon avis, passées les années 70, est devenu une senteur presque exclusivement féminine), et ce n’était pas mal du tout. Je fus une adoratrice finie de Shalimar et je me dis que si je croisais un homme qui le portait, je serais peut-être sacrément séduite ; si j’aime ce parfum sur moi, il me ferait peut-être totalement chavirer sur quelqu’un d’autre. Si des hommes accompagnés d’une chère et tendre me lisent, subtilisez donc un pschit de l’eau de toilette de votre aimée qui vous fait de l’effet et dites moi comment vous vous sentez avec, tiens. Mal à l’aise, irrésistible? L’inverse est valable aussi, allez les filles (à la vaniiillle), on essaie ! Soyez beaux joueurs, c’est pour la science (ah non?)!

(Vous avez le droit d’essayer avec des eaux de toilettes aux composants non testées sur nos amis les lapins, hein)